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La Nuit de la Solidarité est une opération de décompte des personnes sans-abri, organisée chaque année depuis 2018 par la Ville de Paris et étendue à l’échelle métropolitaine à partir de 2022 sous la coordination de la Métropole du Grand Paris. Elle vise à mieux connaître le nombre de personnes sans-abri et à sensibiliser les acteurs comme les citoyens aux enjeux de la grande exclusion. Cette étude présente les résultats du décompte organisé dans 34 communes de la Métropole du Grand Paris, dont Paris et le secteur de la Défense. Une étude portant sur les résultats à Paris la complète.
Si la majorité des personnes ont été rencontrées seules dans les communes volontaires de la Métropole (52,5%), la part des personnes en groupes et campements apparaît importante, et progresse en 2026. Près d’un quart des personnes décomptées (23,5%) ont ainsi été rencontrées dans des groupes de 20 personnes ou plus, contre 13% en 2025. La majorité des personnes décomptées ont été rencontrées dans les rues (58%). Les autres lieux de présence les plus fréquents sont les portes, bretelles ou talus d’autoroute et du périphérique (9%), les gares SNCF et stations de métro et de RER de la RATP (8%), et les quais, canaux et berges (6%). Près de la moitié des personnes rencontrées n’avaient aucun abri (45%). Un peu plus d’un quart dormaient en tente (26%), tandis que 17,5% étaient installées dans des cabanes.
Les femmes représentent 12% des personnes rencontrées. Les 25-54 ans regroupent trois quarts des personnes rencontrées. La moitié des personnes interrogées indiquent être sans-abri pour la première fois (50%) et deux tiers (65%) répondent être sans-abri depuis plus d’un an. Près de la moitié (44%) indique qu’elles vivaient à l’étranger avant d’arriver à Paris.
L’ordre des besoins évolue peu par rapport aux années précédentes, même si une remontée des besoins associés à des lieux d’écoute et de discussion est observée en 2026. Les besoins les moins satisfaits concernent comme les années précédentes l’accès à un lieu pour apprendre le français et à un lieu pour trouver un emploi : seuls 20% et 23% des répondants indiquent y avoir accès lorsqu’ils en ont besoin. L’accès à un espace de stockage reste lui aussi limité, avec seulement trois personnes interrogées sur dix (31%) indiquant y accéder en cas de besoin. Six répondants sur dix indiquent ne pas bénéficier d’un accompagnement social (60%), et plus de la moitié des répondants déclarent ne pas disposer d’adresse / domiciliation pour recevoir leur courrier ou ne pas savoir s’ils en disposent (55%). Les résultats concernant le recours au 115 confirment également ceux des précédentes éditions : plus de sept personnes sans-abri sur dix n’appellent pas ou plus le dispositif (72%), soit parce qu’elles ne l’ont jamais contacté, soit parce qu’elles y ont renoncé.
Ces résultats et les évolutions constatées montrent l’importance de suivre d’année en année le nombre, les profils, la répartition géographique et les besoins des personnes sans-abri, invitant à renouveler l’opération de la Nuit de la Solidarité chaque hiver. Une nouvelle édition est prévue pour début 2027.