Translation in progress...
La Nuit de la Solidarité est une opération de décompte des personnes sans-abri, organisée chaque année depuis 2018 par la Ville de Paris et étendue à l’échelle métropolitaine à partir de 2022 sous la coordination de la Métropole du Grand Paris. Elle vise à mieux connaître le nombre de personnes sans-abri et à sensibiliser les acteurs comme les citoyens aux enjeux de la grande exclusion. Cette étude restitue les résultats du décompte à Paris. Une étude portant sur les résultats à l’échelle des 34 communes participantes de la Métropole du Grand Paris la complète.
La majorité des personnes décomptées à Paris ont été rencontrées dans les rues. Les lieux de plus fortes présences restent stables : portes de Paris, talus du périphérique, gares, grandes stations de métro et RER, secteur des Halles, bois de Vincennes et de Boulogne. Près de la moitié des personnes rencontrées (49%) n’avaient aucun abri, 32% dormaient en tente, 11% dans des cabanes ou véhicules, 9% dans d’autres configurations ou étaient encore mobiles. La majorité des personnes ont été rencontrées seules (58%), mais la part des personnes en groupes augmente depuis plusieurs éditions : celle de 2026 est marquée par la présence de campements d’ampleur.
Les femmes représentent 11% des personnes dénombrées à Paris, en recul sur un an, en lien avec des mises à l’abri au titre du plan Grand Froid et de dispositifs exceptionnels déployés par la Ville de Paris. Les 25-54 ans regroupent trois quarts des personnes rencontrées. La moitié (50%) des personnes interrogées indiquent être sans abri pour la première fois, principalement en raison d’une arrivée à Paris sans logement ou d’une absence de logement antérieur. Près de la moitié (49%) vivait à l’étranger avant d’arriver à Paris.
L’ordre des besoins évolue peu par rapport aux années précédentes, même si une remontée des besoins associés à des lieux d’écoute et de discussion est observée en 2026. Les besoins les moins satisfaits concernent l’accès à un lieu d’apprentissage du français (79% de ceux indiquant en avoir besoin n’y ont pas accès), l’accès à un lieu pour chercher un emploi (7%), l’accès à un espace de stockage (69%) ou encore l’accès à un accompagnement dans les démarches administratives et d’accès aux droits (54%). Seules un peu plus d’un tiers des personnes interrogées indiquent bénéficier d’un accompagnement social (35 %), une proportion en baisse par rapport à 2025 (39%) et particulièrement faible chez les jeunes de 18 à 24 ans (26%). De même, plus de la moitié des répondants déclarent ne pas disposer d’adresse ou de domiciliation pour recevoir leur courrier ou ne pas savoir s’ils en disposent (55%). Les résultats concernant le recours au 115 confirment également ceux des précédentes éditions : plus de sept personnes sans-abri sur dix n’appellent pas ou plus le dispositif (72%), soit parce qu’elles ne l’ont jamais contacté, soit parce qu’elles y ont renoncé.
Ces résultats et les évolutions constatées montrent l’importance de suivre d’année en année le nombre, les profils, la répartition géographique et les besoins des personnes sans-abri, invitant à renouveler l’opération de la Nuit de la Solidarité chaque hiver. Une nouvelle édition est prévue pour début 2027.