Les jardins du pavillonnaire couvrent au total 10 700 hectares, soit une surface équivalente à 5 fois celle du Bois de Vincennes dans une très grande diversité de géographies et de situations : géologies, sols, topographie, préexistence de massifs forestiers... Ils se caractérisent aussi en fonction de la forme et de la taille des parcelles, du rapport à l’habitat, du taux de végétation et de la vision et de l’usage de ces habitants.
Pour aller vers la notion imagée d'un grand parc pavillonnaire, il paraît important de préserver les qualités propres à chacun mais aussi d'inventer comment tisser entre eux des liens afin de développer des continuités écologiques et paysagères et faire participer ces espaces clés à la trame verte et bleue du Grand Paris en complément de la création des espaces verts publics (parcs urbains, jardins, squares, promenades).
L’hypothèse serait notamment de faire évoluer les pratiques de plantation et d’aménagement dans les jardins en se fondant sur les capacités et qualités de fraîcheur, d’ombrage, de biodiversité et des conditions favorables à la présence de la petite faune des villes. Cela signifie aussi de sanctuariser et étendre les surfaces perméables, d’augmenter le couvert arboré, renforcer la biodiversité, favoriser la porosité des limites parcellaires et faciliter l’infiltration des eaux pluviales.
Cette mise en valeur des qualités écologiques et climatiques des jardins des zones pavillonnaires suppose de sensibiliser et convaincre leurs habitants pour déclencher ou amplifier des pratiques parfois existantes. Cela signifie notamment encourager les habitants à planter plus d’arbres dans leurs jardins y compris en limite de parcelle « jusqu’à l’extrême limite du fonds voisin », en exploitant cette spécificité du Grand Paris, rappelée dans la contribution de l’étude Cheuvreux. Et cela pourrait aussi trouver des traductions dans la rédaction des plans locaux d’urbanisme et acquérir une dimension réglementaire afin d’amplifier leur impact pour aller vers le grand parc pavillonnaire de la métropole du Grand Paris.
Vers un parc pavillonnaire du Grand Paris
Mise en valeur d'une mosaïque de jardins individuels
Avec 416 500 pavillons, où vivent 1,16 million d’habitants, la Métropole du Grand Paris est la plus grande ville pavillonnaire de France. Véritable ceinture verte, ces jardins forment à l’échelle métropolitaine un formidable réservoir écologique et leur mise en valeur une ressource face au changement climatiques. Réalisée avec l’agence Michel Desvigne Paysagiste et Urban-Eco, cette étude explore le potentiel pour passer d’une mosaïque de jardins à un parc pavillonnaire du Grand Paris.