Paris et les départements de la petite couronne totalisent 250 000 emplois industriels. Si certaines filières traditionnelles dont la serrurerie, l’imprimerie, la lutherie, font face au vieillissement de leurs actifs et à des difficultés de recrutement, d’autres secteurs d’activités à haute valeur ajoutée, parmi lesquelles le luxe, la pharmacie, l’aéronautique et l’armement sont en croissance. En parallèle, l’agroalimentaire ou la réparation de proximité notamment attirent de nouveaux profils, plus jeunes et plus féminins. Aujourd’hui près d'un tiers des chefs d'entreprises artisanales sont des femmes et près de la moitié exercent depuis leur domicile, témoignant d'une transformation profonde des modes d'installation et de travail.
Face à la pression foncière, à la raréfaction des grandes surfaces de production disponibles et à l’augmentation des valeurs locatives qui contraignent cette économie productive diversifiée, les intercommunalités s'engagent afin de préserver des surfaces pour la production en zone dense. La Métropole du Grand Paris et plusieurs territoires adoptent, dans leurs documents réglementaires, des orientations d'aménagement spécifiques pour protéger les zones productives, engager leurs mutations et intégrer des formes innovantes de fabrication urbaine. Aujourd'hui une trentaine de projets immobiliers sont engagés, représentant près de 300 000 m² de surfaces dédiées, incarnant un nouveau modèle pour fabriquer dans le Gand Paris.
Pour rendre compte de ces évolutions et des défis du « Fabriquer dans le Grand Paris », l’atelier brosse le portrait de la métropole productive conciliant solidarité territoriale et ambition environnementale à partir de différentes sources statistiques, de cartes et d’entretiens avec de nombreux acteurs.