Principale forme d’aide publique en matière de logement, les aides personnalisées au logement (Apl), allocations de logement familial (Alf) ou allocations de logement social (Als) visent à garantir aux ménages les plus modestes l’accès et le maintien dans un logement décent en allégeant la dépense liée à leur résidence principale. Ces prestations ont connu de nombreuses réformes entre 2017 et 2021 conduisant à une baisse de la population bénéficiaire et à un recentrement en faveur des ménages les plus précaires.
Dans ce contexte, l’Apur et la Ctrad analysent la solvabilisation des ménages locataires par les aides au logement dans la métropole du Grand Paris. Dans ce territoire marqué par une crise du logement caractérisée notamment par un quasi doublement des loyers dans le parc privé depuis 20 ans, 612 000 ménages locataires bénéficient d’une aide au logement, soit 3 locataires sur 10, répartis pour moitié dans le parc social et pour moitié dans le parc privé.
Le montant des aides au logement est de 254 € en moyenne dans la métropole du Grand Paris. Il varie de 228 € dans le parc social pour un loyer moyen de 385 € à 290 € dans le parc privé pour un loyer moyen de 657 €. 23% des locataires du parc privé et 39% des locataires du parc social bénéficient du dispositif. Les aides au logement permettent de réduire le taux d’effort des ménages bénéficiaires, qui reste néanmoins élevé et difficilement soutenable pour une partie des locataires du parc privé. Les ménages les plus modestes consacrent 57% de leurs revenus au logement après versement des aides. Et près de la moitié des ménages bénéficiaires d’une aide au logement dans le parc privé ont un taux d’effort supérieur à 40% même après le versement des aides au logement. Dans le parc social les aides font baisser significativement ce taux d’effort, même si les reste-à-vivre des ménages sont généralement faibles. A noter que les aides au logement ne sont pas systématiquement prises en compte au moment de l’examen des candidatures pour l’attribution d’un logement social, ce qui freine l’accès au parc social des ménages les plus modestes.
Enfin l’analyse révèle que les ménages ont des taux d'effort significativement plus élevés dans certaines communes du Grand Paris à l’image des écarts de revenus et de loyers observés dans la métropole. Dans les territoires du centre et de l’ouest (Paris, Grand Paris Seine Ouest, Paris Ouest La Défense) les locataires du parc privé ont un taux d’effort médian supérieur à 40% de leur revenu après versement des aides au logement alors que celui des locataires du nord et de l’est du Grand Paris (Plaine Commune, Paris Terres d’Envol, Grand Paris Grand Est) est inférieur à 30%.