Les mobilités émergentes, trottinettes, scooters et vélos en partage

Un peu plus de 11000 usagers de services de mobilité partagée ont répondu à une enquête pour livrer des enseignements inédits sur leurs pratiques. Les informations recueillies éclairent sur leurs profils, leurs motivations, leurs freins et attentes.

Utilisateurs de vélos en partage sur le pont Alexandre III, Paris © JeanLuclchard/Shutterstock.com

Les mobilités urbaines ont profondément évolué en peu d’années, offrant une plus grande diversité de services. 
Popularisés par Vélib’ et Autolib’, les services partagés ont connu un bouleversement profond avec l’arrivée des opérateurs privés de micro-mobilités en free-floating. La réussite de ces services repose sur leur stratégie d’implantation dans de grandes métropoles caractérisées par une densité élevée du bâti et de la population, une structure de la population majoritairement composée de jeunes, d’actifs, et notamment de cadres, une mixité des fonctions, une forte fréquentation touristique et un maillage fin d’espaces publics. Les trottinettes, scooters et vélos en libre-service offrent une nouvelle expérience de mobilité aux citadins et modifient profondément l’usage des espaces publics. 

L’Apur, dans le cadre de son programme partenarial, a ainsi souhaité mieux documenter ces usages et les utilisateurs qui leur sont associés.

Cette étude est composée de deux grands chapitres.

  • La première partie documente les pratiques en s’appuyant sur les expertises de chercheurs et les résultats d’enquêtes livrés par des bureaux d’études et des organismes institutionnels. 
  • La deuxième partie présente l’analyse de l’enquête menée par l’Apur auprès de plus de 11 000 usagers pour mieux documenter leur profil, les freins et les attentes associés à ces offres. Elle livre ainsi une cartographie spatiale, sociale et fonctionnelle de la micro-mobilité. 

Cette enquête a été menée en lien avec 10 opérateurs, la Ville de Paris et Ile-de-France Mobilités.
Il en ressort des pratiques surreprésentées chez les résidents de l‘hypercentre et dans le quartier central des affaires. Les utilisateurs apprécient principalement les bénéfices en matière de gains de temps et de découplage entre l’usage et la possession. Leur vitesse moyenne rend ces engins très concurrentiels des modes motorisés à Paris pour des déplacements de courte et moyenne distance. L’usage est tempéré par des coûts jugés élevés et par une crainte des accidents.
Le recours à ces engins intervient au détriment des transports en commun et de la marche à pied et dans une moindre mesure du vélo et des modes motorisés. Ces reports modaux varient cependant selon les types de véhicules.
Au final, l’analyse montre que ces nouvelles offres comblent un besoin pour les déplacements de courte et moyenne portée. Les opérateurs commencent à s’adapter à la demande sociale d’amélioration des flottes et des pratiques en matière d’insertion dans l’espace public et bilan carbone. 
Les données fournies par les opérateurs indiquent que ces engins partagés (trottinettes, vélos et scooters) ont parcouru ensemble près de 92 millions de kilomètres en une année pour des déplacements principalement liés au travail et dont la distance moyenne est de 2,5 kilomètres. 

L’enquête établit que les grèves de décembre 2019 et janvier 2020 ont attiré de nouveaux usagers, au profil inhabituel. On peut en tirer des enseignements à l’heure où les pouvoirs publics travaillent à l’élaboration d’un plan de déconfinement progressif après la première vague de Covid-19.

Infographie - Les mobilités émergentes, trottinettes, scooters et vélos en partage - Profils, pratiques, attentes à partir d’une enquête réalisée auprès des utilisateurs © Apur

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  • Étude

    Les mobilités émergentes, trottinettes, scooters et vélos en partage - Profils, pratiques, attentes à partir d’une enquête réalisée auprès des utilisateurs

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