1,4 million d’habitants vivent seuls dans la métropole du Grand Paris, représentant un habitant sur cinq (20%) soit deux points de plus qu’en France métropolitaine (18%). Entre 2011 et 2022, le nombre de personnes vivant seules progresse de 1% chaque année dans la métropole du Grand Paris, soit 18 400 personnes supplémentaires par an. Cette évolution s’explique par plusieurs facteurs structurels : le vieillissement de la population, la hausse de la présence étudiante dans le cœur de l’agglomération et l’évolution des trajectoires familiales, telles que la décohabitation, les séparations ou encore une mise en couple plus tardive. Dans ce contexte, un quart des répondants à l’enquête sur les liens sociaux menée par l’Apur déclarent se sentir seuls souvent ou très souvent (23%), et un tiers de temps en temps (32%). Parmi eux, huit sur dix indiquent en souffrir, dont 31 % beaucoup. Cette souffrance est particulièrement marquée chez certaines catégories de population comme les personnes inactives ou sans emploi (86 % ont répondu souffrir de se sentir seuls). Par ailleurs, contrairement aux représentations, les jeunes adultes apparaissent, comme les plus âgés, parmi les populations les plus concernées par le sentiment de solitude, un constat particulièrement marqué à Paris.
Alors que la solitude est aujourd’hui reconnue comme un phénomène social majeur de par le monde et que plusieurs recherches insistent sur l’importance des relations sociales comme facteur de résilience individuelle et collective, cette note donne à lire des propositions concrètes pour renforcer les liens sociaux de proximité. Elle se fonde sur les données démographiques les plus récentes issues du recensement de la population (Insee) et sur les résultats d’une enquête menée par l’Apur en 2023 à l’échelle de la Métropole du Grand Paris à laquelle plus de 2 500 personnes ont répondu, portant sur leurs relations sociales et liens de proximité. Plusieurs leviers sont identifiés : agir en réponse aux inégalités sociales et territoriales, soutenir des moments et évènements de convivialité dans des lieux du quotidien ; faciliter l’information et la visibilité des initiatives existantes ; conforter l’hospitalité de l’espace public et soutenir les commerces de proximité ; adosser les actions favorables au lien social à d’autres types de besoins ; accompagner les moments charnières de vie et travailler sur la confiance ; inscrire la lutte contre la solitude dans les politiques urbaines et métropolitaines.
Répondre aux enjeux de la solitude dans le Grand Paris
Près d’un quart des habitants du Grand Paris indique se sentir souvent ou très souvent seuls et huit sur dix souffrir de cette situation. Quels leviers et actions mobiliser face à ce facteur de vulnérabilité ?