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Résultats de la Nuit de la Solidarité du 22 janvier 2026

Décompte des personnes sans-abri à Paris et dans la Métropole du Grand Paris

La Nuit de la Solidarité est une opération de décompte des personnes sans-abri par des bénévoles ayant lieu chaque année depuis 2018 à Paris et étendue depuis 2022 à l’échelle du Grand Paris. Coordonnée par la Ville de Paris et la Métropole du Grand Paris, le décompte réunit cette année 34 communes dans la nuit du 22 au 23 janvier 2026.

NDLS 2026 © Laurent Bourgogne, Ville de Paris

Plus de 4 000 volontaires ont rendu possible ce décompte (professionnels, bénévoles citoyens, acteurs associatifs, élus…). Par équipes de 3 à 5 personnes, ils ont sillonné l’ensemble des espaces publics des communes. L’opération couvre également des espaces spécifiques au travers de partenariats dédiés : plus de 300 stations de métro et RER de la RATP, une trentaine de gares de la SNCF, 16 hôpitaux de l’AP-HP et l’hôpital Delafontaine à Saint-Denis, le secteur de la Défense en lien avec l’Établissement Public, une vingtaine de campements, des talus et issues de secours du Périphérique, des parcs et jardins, forêts, les bois de Boulogne et de Vincennes, des parkings et des adresses de bailleurs sociaux ou de foyers (halls, caves, espaces communs…). 
 
Quand cela est possible, les bénévoles proposent aux personnes rencontrées de répondre à un questionnaire anonyme. Au-delà d’un dénombrement des personnes sans-abri, l’objectif est de mieux connaitre leurs profils et besoins. Seules les personnes sans-abri sont décomptées, soit celles sans solution d’hébergement pour la nuit (dormant à la rue ou dans un endroit impropre au sommeil). Les personnes hébergées (en hôtels, centres d’hébergement, chez des tiers, en squats…) ne sont pas décomptées. 
 
Le premier dépouillement des résultats fait état de 3 857 personnes sans-abri à Paris dans la nuit du 22 au 23 janvier 2026, dont 721 dans des groupes de 20 personnes ou plus. Dans les 33 autres communes du Grand Paris ayant participé à l’opération, le premier décompte établit un total de 1 083 personnes sans-abri décomptées dans la nuit du 22 au 23 janvier 2026, dont 474 dans des groupes de 20 personnes ou plus.
 
Ces résultats marquent une augmentation de 10% du nombre de personnes décomptées à Paris par rapport à janvier 2025 (+350 personnes). Comme lors des précédentes éditions, ce décompte est à considérer comme un nombre a minima. Certaines personnes ne sont en effet pas visibles, mobiles, et les tentes occupées mais fermées sont décomptées comme une personne.
 
Sur 357 secteurs de décompte à Paris, 16 secteurs ne comptent aucune personne sans-abri, témoignant de présences diffuses sur l’ensemble du territoire. Sept personnes sur dix (70%) ont été rencontrées dans les rues (2 706 personnes) et trois sur dix dans d’autres espaces : 

  • 400 sur des talus ou dans des issues de secours du Boulevard périphérique, ainsi que des parcs ou jardins (+ 64 par rapport à janvier 2025) ;
  • 233 dans les bois de Boulogne et de Vincennes (+ 43) ;
  • 210 dans les sept gares SNCF parisiennes (+ 42) ;
  • 171 dans l’ensemble des stations de métro ou de RER de la RATP (-29) ;
  • 66 à des adresses de bailleurs sociaux, dont un décompte par les gardiens de Paris Habitat et une couverture d’adresses par le GPIS (+ 25) ;
  • 40 dans des parkings des gestionnaires partenaires Effia, Indigo, Klepierre et Saemes (-12) ;
  • 31 dans les 12 hôpitaux parisiens de l’AP-HP (- 31).

Parmi les personnes rencontrées en 2026 à Paris, 11% sont des femmes. Sur un an, on observe une baisse du nombre de femmes décomptées (en proportion, elle était de 14% en janvier 2025), pouvant se relier à des mises à l’abri dans le cadre du plan Grand Froid et à des dispositifs exceptionnels ouverts par la Ville de Paris.
Tous les âges sont représentés. Parmi les adultes rencontrés, un sur dix avait 18 à 24 ans (10%), trois quarts entre 25 et 54 ans (73%) et 17% 55 ans ou plus. En complément, 78 enfants ont été décomptés, très majoritairement en familles (contre 90 en 2025).
 
L’édition 2026 est marquée par la plus forte présence de campements d’hommes isolés, dont une partie issue de parcours migratoires avec des situations variées (demandeurs d’asile, réfugiés, déboutés…) et de campements regroupant des familles Roms ou assimilées. Si une majorité des personnes ont été rencontrées seules (58%), cette part recule depuis plusieurs éditions. Le nombre et la part des personnes rencontrées en groupes augmentent en parallèle depuis 2022. Ainsi, 721 personnes ont été rencontrées dans des groupes de 20 personnes ou plus en 2026 à Paris (19% du total), contre 214 personnes (6%) lors de l’édition 2025.
 
À périmètre comparable des 30 communes ayant déjà participé au décompte en 2025, une hausse de 32% du nombre de personnes sans-abri est observée sur un an (+248 personnes). Cette augmentation s’explique par la présence de davantage de campements de familles Roms ou assimilées dans les communes participantes et une augmentation de la taille des campements dans les communes qui en comptaient déjà. Ces installations, mouvantes et évolutives, pouvaient potentiellement être présentes dans d’autres communes de la Métropole qui ne participaient pas au décompte lors des éditions précédentes.
 
La commune de Saint-Denis connaît le nombre le plus élevé de personnes décomptées parmi les communes hors Paris ayant participé à l’opération (395, dont 254 en groupes de 20 personnes ou plus). Le nombre de personnes sans-abri est également élevé dans la commune de Saint-Ouen-sur-Seine (133, dont 100 dans un campement). Le nombre de personnes sans-abri dépasse les 50 à Bobigny (87 personnes, dont 20 dans un campement), Pantin (72, dont 47 dans un campement) et Noisy-le-Grand (55, dont 23 personnes dans un campement).
 
Une trentaine de personnes ou moins ont été rencontrées dans les autres communes : 36 à Gagny (dont 30 dans un campement), 33 à Courbevoie, 31 dans le périmètre de la Défense hors de Courbevoie, 31 à Rosny-sous-Bois, 28 à Nanterre, 27 à Colombes, 27 à Aubervilliers, 20 à Sevran, 13 à Issy-les-Moulineaux, 12 à Bondy, 12 à Clichy-sous-Bois, 12 à Villejuif, 8 à Rueil-Malmaison, 8 à Epinay-sur-Seine, 7 à Athis-Mons, 6 à Vincennes, 6 à Alfortville, 5 au Kremlin-Bicêtre, 4 à Sèvres, 4 à Tremblay-en-France, 4 à Romainville, 3 à Montrouge, 2 à Juvisy-sur-Orge, 2 aux Lilas, 1 au Pré-Saint-Gervais et aucune personne à Chaville, Livry-Gargan, Villeneuve-la-Garenne et Villetaneuse.
 
Le décompte 2026 s’inscrit dans un contexte de hausse de l’offre hébergement entre 2019 et 2022 et de stabilité depuis 2022. Au sein de l’offre, le nombre de place d’hébergement généraliste progresse, tandis que celles du dispositif national d’accueil diminuent. Fin 2025, selon l’État, près de 86 000 places, dont plus de 37 000 à l’hôtel, étaient régulées par les Service Intégrés d’Accueil et d'’Orientation (SIAO) et les Offices Français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII) de Paris et de petite couronne (92-93-94), tous dispositifs confondus. Une partie de ces places ont été ouvertes à titre exceptionnel dans le cadre du Plan Grand Froid activé le 28 décembre 2025 et maintenues la nuit du 22 au 23 janvier 2026.
 
Ces premiers résultats seront consolidés d’ici l’été 2026 et feront l’objet d’une étude réalisée par l’Atelier parisien d’urbanisme en lien avec un comité réunissant des universitaires, les partenaires de l’opération et des experts du champ de l’exclusion. Toutes les études publiées depuis 2018 sont disponibles sur le site de la Ville de Paris, de la Métropole du Grand Paris et l’Atelier parisien d’urbanisme.