Observatoire de l’économie parisienne

Un observatoire partenarial pour analyser les spécificités de l’économie parisienne et évaluer les impacts économiques de la crise.

Observatoire de l’économie parisienne © Shutterstock / Apur

Missions
Mis en place en 2021, l’observatoire a pour mission d’analyser les spécificités de l’économie parisienne et d’évaluer les impacts économiques de la crise sur les entreprises selon les secteurs d’activités, l’emploi, la demande d’emploi et les effets des mesures de soutien. Il a également pour objectif de développer des réflexions plus prospectives pour accompagner la reprise, anticiper les mutations de l’économie et imaginer des évolutions porteuses d’avenir.

L’observatoire permet de partager les informations de manière régulière, avec l’ensemble des partenaires, de produire des exercices statistiques permettant de mesurer les effets de la crise en continu, de réaliser des approfondissements thématiques. L’objectif est de pouvoir adapter et coordonner les réponses à apporter, sur la base de cette information partagée.

Fonctionnement
L’observatoire s’appuie sur une multitude de sources de données à la fois structurelles et conjoncturelles, ainsi que sur des données relatives aux mesures de soutien déployées. Il s’inscrit dans le temps et dans le territoire métropolitain, avec des données mobilisées à l’échelle de Paris, de la Métropole du Grand Paris, de l’Ile-de-France et, parfois, à des échelles plus fines selon les indicateurs (arrondissement, commune, quartier de la politique de la ville, etc.).

En complément, des approfondissements thématiques sont réalisés en lien avec les partenaires de l’observatoire sur des enjeux prioritaires et secteurs particulièrement impactés par la crise, tels que le tourisme, le commerce et l’artisanat, ou encore la culture. D’autres sujets sont identifiés pour faire l’objet d’approfondissements, comme par exemple l’économie sociale et solidaire, l’immobilier de bureau et l’insertion professionnelle des jeunes.

La mise en œuvre de l’observatoire se traduira par le développement d’un outil dynamique pour partager les indicateurs de conjoncture et par la production d’analyses thématiques sous forme de note ou d’étude. Elle donne également lieu à des rendez-vous réguliers avec les partenaires pour partager les principaux résultats et contribuer à la construction d’une vision prospective.

Un observatoire partenarial
Porté par l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) et la Direction de l’attractivité et de l’emploi de la Ville de Paris (DAE), l’observatoire est un espace de réflexion partenarial construit de manière collective avec plus d’une trentaine d’acteurs de l’économie parisienne.

Partenaires observatoire de l'économie parisienne

D’autres partenaires sont également associés aux travaux d’approfondissements selon les thématiques : Les Canaux, ministère de la Culture, Observatoire régional de l'immobilier d'entreprise en Île-de-France (ORIE), Observatoire régional du foncier (ORF), Mission locale de Paris, Semaest, GIE Commerce, France Stratégie, Chambre des notaires de Paris, Ordre des avocats à la Cour de Paris, Greffe du tribunal de commerce de Paris, Direction régionale des finances publiques de Paris (DRFIP), Confédération nationale des très petites entreprises (CNTPE), Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), Chaire Travail, etc.

Premiers résultats
Les premières données collectées par l’observatoire montrent que Paris est particulièrement impacté par la crise économique. Au 4e trimestre 2020, les pertes d’activités sont estimées à -10% à Paris contre -8% en France (par rapport au 4e trimestre 2019). À titre d’exemple, le chiffre d’affaires moyen par entreprise des TPE/PME a baissé à Paris de -15% sur les trois premiers trimestres de l’année 2020 par rapport à la même période en 2019 (contre -10,8% en Ile-de-France et -8,7% en France).

38 600 emplois salariés ont été détruits à Paris entre janvier et septembre 2020, soit plus de 40% des pertes d’emploi régionales alors que Paris concentre moins d’un tiers de l’ensemble des emplois de la région Ile-de-France. Au cours du premier semestre, Paris a été le département francilien le plus impacté par la crise et au cours troisième trimestre, l’économie parisienne a rebondi moins vite qu’au niveau régional et national car elle est notamment fortement pénalisée par la moindre présence des visiteurs étrangers et par l’absence du tourisme d’affaire. Sachant que près de 60% des emplois parisiens sont occupés par des non Parisiens, l’impact de la crise sur la capitale a des répercussions dans le reste de la métropole du Grand Paris mais également en région et en province.

Au plus haut, fin avril 2020, le nombre de demandeurs d’emploi n’ayant auparavant exercé aucune activité (catégorie A) s’est établi à 164 630 à Paris, son plus haut niveau depuis le début du suivi statistique, en 1996. Fin 2020, le nombre de demandeurs d’emploi reste élevé (146 970) même s’il a baissé entre 2e et le 3e trimestre. Dans le même temps, le nombre de bénéficiaires du RSA n’a cessé de progresser : fin novembre 70 700 ménages parisiens bénéficiaient du RSA soit 9 000 de plus depuis le début de l’année soit une augmentation de +15% contre +8,5% en France. Le recours au chômage partiel a été massif avec un pic atteint en avril 2020, où près de 644 000 salariés ont été indemnisés à Paris pour un montant de plus de 800 millions.

Parmi les secteurs les plus touchés, le tourisme, la culture, les cafés et restaurants sont particulièrement impactés. En mars-avril et en novembre 2020, 46 000 commerces dits non essentiels sont restés fermés, ou ont limité leur activité à de la vente à emporter, soit les ¾ des commerces et services commerciaux présents en rez-de-chaussée à Paris. L’animation des rues de Paris est affectée par les fermetures des bars, cafés et restaurants qui représentent près d’1 commerce sur 4 (environ 15 200 établissements). Le secteur culturel, qui regroupe près d’un emploi parisien sur dix, est touché dans tous les domaines d’activité (hormis les jeux vidéo). Le tourisme, qui représente une activité économique de premier plan pour Paris et la région Ile-de-France, est en berne avec un taux d’occupation hôtelière de seulement 8% au mois de novembre 2020 (contre 83% en 2019). Si Paris est nettement plus impacté que le reste du territoire national, cela tient à la fois au recul de la clientèle internationale et à celui de la clientèle française, notamment de la clientèle d’affaires. 

Certains secteurs maintiennent à l’inverse leur activité, c’est le cas des commerces alimentaires, de la santé, des ressources humaines, du numérique, de la construction et du BTP, etc. Malgré les confinements, la création d’entreprises est pratiquement au niveau de l’année précédente, avec un pic à l'automne 2020 de 8 700 créations, en particulier dans certains secteurs d’activité comme la livraison de biens ou de repas à domicile et le e-commerce.

 

Couverture - Observatoire de l’économie parisienne - Note de cadrage © Apur
Observatoire de l'économie - datavisualisation © Apur
Couverture - Impacts de la crise sur l’économie parisienne en 2020 © Apur - F. Mort
Évolution des commerces à Paris – Inventaire des commerces 2020 et évolutions 2017-2020
Couverture - Les commerces parisiens, premiers résultats du recensement d'octobre 2020 © Apur
Couverture - Mars - juillet 2020, Paris face à la crise de la COVID-19 © Apur
Couverture - Éléments d’analyse et de connaissance de l’économie parisienne © Apur
Impact économique de la crise liée à la Covid-19 dans la Métropole du Grand Paris – Couverture © Apur
Télétravail et mobilité dans le Grand Paris – Couverture © Apur